L’art-thérapie chez l’enfant

L’art thérapie et ses bienfaits

3 questions au Professeur David Cohen, chef de service de psychiatrie de l’enfance et de l’adolescence du CHU Pitié Salpêtrière (Paris) et Professeur à la Sorbonne (Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris).


Pourquoi préférez vous utiliser le terme « thérapie à médiation artistique » à celui d’ « Art-thérapie » ?

En premier lieu, il est utile de rappeler que la plupart des cliniciens d’enfants ont très tôt utilisé le dessin, le modelage et autres médiations pour travailler de manière psychothérapeutiques avec les enfants.

En effet pour des raisons développementales de l’enfant  ou de dynamique personnelle de l’adolescent, ces médiations permettent de remplacer  une  expression verbale à visée thérapeutique.

Les thérapies par l’art existent en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et elles doivent se distinguer des prises en charge occupationnelles où l’art n’est qu’un passe-temps utile et salutaire mais qui n’entre pas dans un processus de soin élaboré entre le patient et le soignant.

Le concept de « médiation » est un concept clé puisqu’elle impose la présence d’un tiers médiateur dans l’activité artistique.

Comment ces ateliers d’Art-thérapie aident les jeunes que vous accueillez, dans votre service hospitalier ?

Tout d’abord, j’ai la chance, dans mon service, de pouvoir proposer de multiples médiations artistiques : danse, art-plastique, modelage, théâtre, écriture, photographie, vidéo, musique, chant, et même « hortithérapie ». Chaque type d’atelier présente ses propres avantages au bienfait de l’enfant, suivant son profil, ses intérêts, ses appétences et, bien entendu, suivant ce que l’on cherche à promouvoir pour favoriser leur évolution personnelle. L’absence d’enjeu de production et le sentiment de liberté expressive que ces pratiques artistiques confèrent sont souvent l’occasion d’apprendre, et de redécouvrir, le plaisir d’apprendre et , de facto, l’estime de soi.

Seul ou « avec les autres » ?

Que le jeune patient soit en situation de rivalité permanente avec un tiers, ou d’absence de confiance quasi existentielle dans la relation à l’autre, voire de sentiment de persécution, la médiation artistique offre dans l’interface avec les personnes participant à l’activité, que ce soit en individuel ou en groupe, son rôle d’intermédiaire dans la relation. Dit autrement, et c’est particulièrement évident dans les thérapies à médiation artistique pratiquées en groupe, il s’agit de partager, échanger, créer ensemble et s’amuser … au bout du compte de se faire du bien.